06/10/2026
Coeur&Musiques
Issue · 06/10/2026 Actu
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Hélène Hazera, voix de France Culture et militante trans

Hélène Hazera, journaliste et productrice à France Culture, est décédée à 74 ans. Voix emblématique de la chanson française et militante trans, elle a marqué les ondes par son engagement et sa passion.

Hélène Hazera, voix de France Culture et militante trans
Hélène Hazera, journaliste à « Libération » et productrice à France Culture, est décédée le lundi 5 octobre à l'âge de 74 ans. Spécialiste de la chanson, elle a marqué le paysage médiatique par son engagement et sa voix singulière, notamment à travers ses émissions radiophoniques.

Ce qu'il faut retenir

  • Hélène Hazera est décédée le 5 octobre à 74 ans, après une carrière de journaliste et productrice radio.
  • Elle a officié à « Libération » de 1978 à 1999 et a produit des émissions comme « Chanson boum ! » sur France Culture.
  • Première femme trans sur les ondes d'une station publique, elle a milité pour les droits LGBT.
  • Un documentaire, « Hélène, trésore transnationale », lui a été consacré en avril dernier.
  • Elle a contribué à faire découvrir des artistes et à rééditer des œuvres méconnues de la chanson française.

Une vie dédiée à la musique et à l'engagement

Hélène Hazera, figure emblématique de la radio et de la presse, s'est éteinte le lundi 5 octobre à l'âge de 74 ans, comme l'a annoncé le journal « Libération » où elle a travaillé de 1978 à 1999. Productrice à France Culture, elle était reconnue pour son expertise de la chanson française, qu'elle a partagée avec le public pendant des décennies. Sa carrière radiophonique a été jalonnée d'émissions marquantes, à l'instar de « Chansons dans la nuit » et surtout « Chanson boum ! », lancée en 2005. En 2017, lors d'un entretien pour « À voix nue » sur France Culture, elle avait évoqué avec une modestie ironique l'arrêt de son émission, témoignant de son attachement à ce média et à la musique.

Une pionnière sur les ondes et une militante infatigable

Au-delà de sa contribution au monde de la musique, Hélène Hazera fut une pionnière. Elle a été la première femme trans à prendre l'antenne sur une station publique, ouvrant la voie à une plus grande visibilité et acceptation. Son parcours a d'ailleurs été mis en lumière dans le documentaire « Hélène, trésore transnationale » de Judith Abitbol, sorti en avril dernier. Son engagement ne se limitait pas aux ondes. Hélène Hazera a combattu les préjugés et porté les combats LGBT pendant plusieurs décennies, notamment au sein du Front homosexuel d'action révolutionnaire et du groupe des Gazolines. Elle a également été active au sein d'Act Up, luttant contre le sida et rappelant l'hécatombe due au VIH.

Un parcours de vie riche et complexe

Née garçon, Hélène Hazera a toujours vécu sa différence avec une simplicité désarmante, se décrivant comme « assez exhibitionniste » car elle n'avait « pas le même genre que tout le monde ». Issue d'un milieu bourgeois, elle s'en est rapidement affranchie pour vivre selon ses propres termes. Son histoire familiale, marquée par des parents résistants et une grand-mère lesbienne et héroïnomane, a forgé une personnalité complexe et nuancée. Lors de son entretien sur France Culture, elle a abordé avec pudeur des épisodes poignants de sa vie, comme une grave crise maniacodépressive à l'adolescence ou sa fascination pour la prostitution, qu'elle a pratiquée par « dèche ». Ces confidences, faites avec une sincérité désarmante, ont permis de mieux comprendre la richesse de son parcours.

L'amour des mots et de la chanson

Son goût prononcé pour les mots en musique lui venait de sa mère, qui lui chantait « Malbrough s'en va-t-en guerre », une anecdote qu'elle racontait avec émotion. Cette passion l'a poussée à explorer et à faire découvrir des artistes, comme les Têtes raides qu'elle a rencontrés « dans un crochet à Bourges ». Elle s'est également attachée à faire rééditer des œuvres d'artistes méconnus, telle la chanteuse réaliste Nitta-Jô. Hélène Hazera n'hésitait pas à exprimer ses opinions, comme son indignation face au choix d'Emmanuel Macron d'inviter uniquement des anglophones lors de son investiture. Touchante et batailleuse, elle a rendu l'antenne avec humour, dignité et une pointe de panache, laissant derrière elle un héritage précieux pour la culture musicale française, comme le souligne Télérama.

Pourquoi cela compte pour vous

La disparition d'Hélène Hazera est une perte significative pour tous les mélomanes et auditeurs de radio. Sa voix, sa curiosité et son expertise ont permis de mettre en lumière des pans entiers de la chanson française, des classiques aux découvertes. Pour ceux qui cherchent à comprendre l'histoire de la musique en France, ses émissions restent une ressource inestimable, offrant des clés de lecture et des anecdotes souvent inédites. Son parcours de vie, marqué par un engagement sans faille pour la diversité et l'inclusion, résonne particulièrement aujourd'hui. Elle a montré qu'il était possible d'être soi-même, d'occuper l'espace médiatique et de défendre ses convictions, tout en partageant une passion pour la musique. Son héritage est celui d'une culture musicale plus ouverte et plus riche, où chaque voix a sa place.

Sources

C&M · 06/10/2026 — fin de l'article — #HELENE