05/10/2026
Coeur&Musiques
Issue · 05/10/2026 actualite
actualite

Stevie Wonder a sorti quatre inédits de « Songs in the Key of Life » pour les 50 ans de l'album, et le jouera en entier à l'Accor Arena le 15 octobre

Le 28 septembre 2026, cinquante ans jour pour jour après la sortie de « Songs in the Key of Life », Stevie Wonder a publié sans préavis un EP de quatre titres enregistrés pendant les séances de l'album et jamais sortis : « It's Easier », « My Life Story of Love », « I Can See the Sun In Late December » et « I'm Into Livin' ». Dix-sept jours plus tard, le 15 octobre, il joue l'album en entier à l'Accor Arena de Paris, à 20 h. Ce qu'il y a vraiment dans cet EP, qui joue dessus, pourquoi l'heure de 4 h 54 du matin compte — et pourquoi ce n'est pas, contrairement à ce qu'on lit partout, son premier concert en France depuis 2010.

Stevie Wonder a sorti quatre inédits de « Songs in the Key of Life » pour les 50 ans de l'album, et le jouera en entier à l'Accor Arena le 15 octobre
Il n'y a eu ni annonce, ni compte à rebours, ni single d'appel. Le lundi 28 septembre 2026, cinquante ans jour pour jour après la sortie de Songs in the Key of Life, quatre titres inédits de Stevie Wonder sont simplement apparus sur les plateformes. Quatre morceaux enregistrés pendant les séances de l'album en 1975-1976, écartés du disque final, et restés dans les archives pendant un demi-siècle : « It's Easier », « My Life Story of Love », « I Can See the Sun In Late December » et « I'm Into Livin' ». Dix-sept jours plus tard, le jeudi 15 octobre 2026 à 20 h, Stevie Wonder monte sur la scène de l'Accor Arena de Paris pour jouer Songs in the Key of Life du premier au dernier titre. C'est l'unique date française de la tournée Songs In The Key Of Life Performances – 50th Anniversary, et c'est son premier concert à Paris depuis seize ans. L'EP est la vraie information de cette séquence : un album universellement connu vient de gagner quatre chansons. Voici ce qu'il y a dedans, qui en joue, d'où vient l'heure bizarre qui sert de fil rouge à sa communication — et une erreur factuelle qui s'est propagée dans la presse française à propos de la date du concert parisien.

Quatre inédits sortis sans préavis, le jour exact des cinquante ans

Songs in the Key of Life est sorti le 28 septembre 1976 chez Tamla, division de Motown. Cinquante ans plus tard, à la date anniversaire, Motown et Universal ont publié Songs in the Key of Life – The EP, quatre titres pour un peu plus de dix-neuf minutes de musique. D'après le communiqué officiel du 28 septembre 2026, les quatre enregistrements proviennent tous des séances de l'album, ont été personnellement sélectionnés par Stevie Wonder, et ont été remixés pour l'occasion par John Fischbach et Gary O Adante — les deux ingénieurs d'enregistrement et de mixage de l'album d'origine. Détail qui en dit long sur le niveau de fidélité recherché : Adante était crédité sous le nom de Gary Olazabal sur la pochette de 1976.
  • « It's Easier » — 5 min 09
  • « My Life Story of Love » — 3 min 59
  • « I Can See the Sun In Late December » — 4 min 37
  • « I'm Into Livin' » — 5 min 45
Les quatre titres sont écrits et produits par Wonder, à une exception près : les paroles de « My Life Story of Love » sont cosignées par Susaye Greene, ancienne membre des Supremes, qui avait déjà coécrit avec lui « I Can't Help It » pour Michael Jackson. C'est le genre de crédit qui replace l'EP dans son époque : au milieu des années 1970, la galaxie Motown fonctionnait encore en vases communicants.

L'EP intégral, les quatre titres :

Une précaution d'écoute : une chaîne tierce fait circuler « I Can See the Sun In Late December » en la datant de 1974. Le communiqué du label, lui, rattache les quatre titres aux séances de Songs in the Key of Life, sans donner de date d'enregistrement titre par titre. En l'absence de date officielle, nous nous en tenons à la formulation du label — et aux versions publiées sur les canaux officiels.

4 h 54 du matin : d'où vient l'heure qui sert de signature à l'EP

La communication de l'EP tourne autour d'une phrase énigmatique : la séance de studio s'est terminée à 4 h 54 du matin. Ce n'est pas un effet de style. Selon le communiqué officiel, lorsque la toute dernière séance de Songs in the Key of Life s'est achevée, à 4 h 54, le bassiste Nathan Watts a lancé « Fo' FiftyFo' ! » — déformation de « four fifty-four », quatre heures cinquante-quatre. L'expression est restée : dans l'entourage de Wonder, elle a longtemps signifié « c'est fini pour ce soir ».
Nathan Watts n'est pas un figurant dans cette histoire. Songs in the Key of Life est le premier album qu'il enregistre avec Wonder, après l'avoir accompagné sur la route — et il est toujours son bassiste cinquante ans plus tard. la notice de l'album rapporte une anecdote qui résume les conditions de fabrication du disque : rentré chez lui à 3 heures du matin après une séance interminable, Watts a reçu un coup de téléphone de Wonder lui demandant de revenir immédiatement au studio pour travailler sur « I Wish ». C'est la même personne qui, un peu plus tard, criera « Fo' FiftyFo' ». Le label a donc choisi comme emblème de l'anniversaire non pas une date, non pas un chiffre de ventes, mais une heure de fin de séance — c'est-à-dire la fatigue. Pour un album dont la légende repose en grande partie sur le perfectionnisme épuisant de son auteur, l'image est plus juste qu'un simple logo « 50 ans ».

Qui joue sur ces quatre titres : une photographie du studio en 1976

La liste des musiciens publiée par le label est l'élément le plus intéressant de l'EP pour qui connaît déjà l'album. Elle ne contient aucune star de 2026 : elle contient les gens qui étaient dans la pièce il y a cinquante ans, souvent au tout début de leur carrière.
  • Gregory Phillinganes, claviers — alors débutant au sein de Wonderlove, le groupe de Wonder. Il deviendra l'un des claviéristes les plus demandés de la pop américaine.
  • Michael Sembello, guitare — coauteur de « Saturn » sur l'album, membre de Wonderlove.
  • Ben Bridges, guitare, également de Wonderlove.
  • Jim Horn, saxophone.
  • Raymond Pounds, batterie — il s'agissait de ses premières grandes séances d'enregistrement.
  • Nathan Watts, basse — ses premières séances avec Wonder.
Sur « I'm Into Livin' », les chœurs réunissent Shirley Brewer (déjà entendue sur « Ordinary Pain » de l'album), Thelma Houston — qui allait décrocher quelques mois plus tard un numéro un avec « Don't Leave Me This Way », en pleine vague disco — et Deniece Williams, choriste de longue date de Wonderlove alors à la veille de sa propre carrière solo. Détail savoureux : en 1977, c'est précisément le titre « Free » de Deniece Williams qui empêchera « Sir Duke » d'atteindre la première place au Royaume-Uni.

Ce qu'était l'album en 1976 : un double 33 tours, un EP bonus, 130 personnes

Pour comprendre pourquoi un EP de quatre titres fait sens cinquante ans après, il faut se souvenir de la forme physique du disque. Songs in the Key of Life est sorti en double 33 tours de dix-sept chansons, accompagné d'un 45 tours bonus de quatre titres glissé dans la pochette et intitulé A Something's Extra : « Saturn », « Ebony Eyes », « All Day Sucker » et « Easy Goin' Evening (My Mama's Call) ». Ces quatre morceaux ont ensuite été intégrés aux rééditions CD puis aux versions numériques — ce qui explique que l'album compte aujourd'hui vingt et un titres en streaming. Autrement dit : l'album était déjà un album plus un EP de quatre titres. En 2026, le label ajoute un second EP de quatre titres. La symétrie n'est probablement pas un hasard, et elle est, pour une fois, élégante. Sur l'histoire de ce format intermédiaire entre le single et l'album, voir notre histoire du 45 tours.
L'album naît d'un contrat et d'un renoncement. En mars 1975, Wonder envisage sérieusement d'arrêter la musique pour s'installer au Ghana et travailler auprès d'enfants handicapés ; un concert d'adieu est même en préparation. Il change d'avis et signe, le 5 août 1975, un nouveau contrat avec Motown : sept ans, sept albums, contrôle artistique total, treize millions de dollars à la signature, vingt pour cent de royalties et la propriété des droits d'édition. C'était, à l'époque, le plus gros contrat discographique de l'histoire. La photo ci-dessus a été prise le jour même, en compagnie d'Ewart Abner, dirigeant du label. L'enregistrement s'étale ensuite principalement au Crystal Sound de Hollywood, avec des séances au Record Plant de Hollywood et de Sausalito, et six semaines au Hit Factory de New York dont une seule piste de base a finalement été conservée. Au total, 130 personnes ont travaillé sur le disque. Parmi les invités : Herbie Hancock au Fender Rhodes sur « As », George Benson à la guitare électrique sur « Another Star », Minnie Riperton et Deniece Williams aux chœurs sur « Ordinary Pain ». Le disque tient ensemble des registres qui n'ont pas l'habitude de cohabiter : la soul, le funk, le jazz orchestré de « Sir Duke » — hommage explicite à Duke Ellington —, le gospel de « Have a Talk with God » (coécrit avec son frère Calvin Hardaway), et une ambition quasi classique sur « Village Ghetto Land », dont les cordes sont entièrement synthétisées. Deux des titres les plus politiques de l'album, « Village Ghetto Land » et « Black Man », sont coécrits avec le parolier Gary Byrd.

Le record commercial que personne n'avait vu venir

Songs in the Key of Life est entré directement à la première place du classement des albums de Billboard le 8 octobre 1976. À l'époque, seuls deux albums avaient réussi cela avant lui — Captain Fantastic and the Brown Dirt Cowboy et Rock of the Westies d'Elton John, tous deux en 1975. Wonder devenait le premier artiste américain à y parvenir. Un demi-siècle plus tard, l'entrée directe en tête est devenue la norme pour les grosses sorties — nous l'avions constaté cet été avec le huitième album d'Ariana Grande — ce qui rend le fait de 1976 difficile à apprécier à sa juste valeur aujourd'hui. La suite est tout aussi spectaculaire : treize semaines consécutives à la première place, dont onze en 1976, ce qui en fait l'album le plus longtemps numéro un de cette année-là. Pendant ces onze semaines, il bloque à la deuxième place quatre disques majeurs — Silk Degrees de Boz Scaggs, Spirit d'Earth, Wind & Fire, la bande originale de The Song Remains the Same de Led Zeppelin et A Night on the Town de Rod Stewart. Le 15 janvier 1977, il cède enfin la tête à Hotel California des Eagles… avant de la reprendre le 29 janvier pour une quatorzième et dernière semaine. Au total : 35 semaines dans le top 10, 80 semaines au classement, 20 semaines non consécutives en tête du classement R&B, deuxième album le plus vendu aux États-Unis en 1977 derrière Rumours de Fleetwood Mac. En France, la version française de la notice fait état de 303 200 exemplaires écoulés. Un point mérite d'être précisé, parce qu'il est presque toujours mal rapporté. L'album a bien été certifié disque de diamant par la RIAA, en 2005. Mais la certification diamant américaine récompense 10 millions d'unités, et la RIAA compte chaque disque d'un album multi-disques comme une unité distincte : pour un double album, le diamant correspond donc à 5 millions d'exemplaires vendus, et non à 10 millions. Les communiqués de 2026 écrivent « 10+ millions de copies » ; c'est la convention comptable qui parle, pas le nombre de boîtiers sortis des magasins.

Les Grammy de février 1977 et la question d'Andy Williams

Autre erreur très répandue, y compris sur la fiche francophone de l'album : les quatre Grammy Awards de Songs in the Key of Life n'ont pas été remis « en 1976 ». Ils l'ont été lors de la 19e cérémonie des Grammy Awards, en février 1977 — un album sorti fin septembre 1976 ne pouvait pas être primé quelques semaines plus tard. Wonder y a gagné dans quatre des sept catégories où il était nommé : album de l'année, producteur de l'année, meilleure performance vocale pop masculine et meilleure performance vocale R&B masculine (pour « I Wish »).
Le contexte de cette victoire vaut d'être raconté. Wonder avait déjà remporté l'album de l'année deux fois de suite, pour Innervisions puis Fulfillingness' First Finale. En 1976, il n'avait rien sorti et n'était donc pas nommé : en recevant son prix pour Still Crazy After All These Years, Paul Simon avait remercié Stevie, sur le ton de la plaisanterie, de ne pas avoir publié d'album cette année-là. Un an plus tard, Wonder reprenait le titre, devenant le seul artiste à avoir gagné l'album de l'année avec trois albums consécutifs — et le premier musicien noir à remporter cette catégorie. Il n'était pas dans la salle : en février 1977, il passait deux semaines au Nigeria pour explorer, selon ses mots, son héritage musical. Une liaison satellite avait été installée pour qu'il puisse recevoir ses prix à distance ; l'image était mauvaise et le son inaudible, et le public n'a vu qu'un homme souriant au téléphone. C'est au cours de cette séquence qu'Andy Williams, s'adressant à un artiste aveugle depuis ses six premières semaines de vie, lui a demandé s'il les voyait. Le moment est resté dans les annales des Grammy, pour de mauvaises raisons.

De « Pastime Paradise » à « Gangsta's Paradise » : la seconde vie de l'album

Un album de 1976 ne reste pas au quatrième rang du classement des 500 meilleurs albums de Rolling Stone (édition 2020) par la seule force de ses ventes d'origine. Le détail de ce classement est d'ailleurs révélateur : l'album était 56e en 2003, 57e en 2012, puis 4e en 2020. Un bond de cinquante-deux places en huit ans, qui dit moins l'évolution de l'album que celle du regard porté sur la soul des années 1970 par les comités de critiques. Entre-temps, le disque a vécu une deuxième carrière en pièces détachées. L'exemple le plus massif est « Gangsta's Paradise » de Coolio, en 1995 : non pas un sample mais une interpolation de « Pastime Paradise » — la mélodie est rejouée, et Stevie Wonder est crédité comme coauteur. Le morceau est devenu le single le plus vendu de l'année 1995 aux États-Unis et le premier rap à entrer directement en tête des ventes britanniques. Wonder l'a d'ailleurs interprété sur scène avec Coolio et L.V. aux Billboard Music Awards de 1995. Quatre ans plus tard, Will Smith bâtissait « Wild Wild West » sur « I Wish ». Sur ces circulations entre soul et hip-hop, voir notre histoire du funk français et de son échantillonnage et notre panorama du rap français. Quant à « Isn't She Lovely », jamais sortie en single, elle doit sa célébrité à la seule radio : écrite pour la naissance de sa fille Aisha Morris, coécrite avec Burnetta « Bunny » Jones, elle est devenue l'un des morceaux les plus joués de son répertoire — et un passage obligé pour tout apprenti pianiste ou harmoniciste.

Accor Arena, jeudi 15 octobre : horaires, tarifs et état de la billetterie

Le concert parisien a lieu le jeudi 15 octobre 2026 à 20 h à l'Accor Arena (8 boulevard de Bercy, Paris 12e), sous la promotion de Live Nation. Les tarifs annoncés par les billetteries vont de 78,50 € à 276,50 €. La mise en vente générale a eu lieu le vendredi 11 septembre à 10 h, après une prévente partenaire ouverte le 9 septembre selon Pollstar et le 10 septembre selon plusieurs relais français — nous signalons la divergence plutôt que de trancher.
  • Date : jeudi 15 octobre 2026
  • Heure : 20 h
  • Salle : Accor Arena, Paris 12e (métro Bercy, lignes 6 et 14 ; Gare de Lyon à dix minutes à pied)
  • Tarifs : de 78,50 € à 276,50 €
  • Programme : Songs in the Key of Life joué dans son intégralité
Sur la disponibilité des places, la situation est contradictoire et nous ne l'affirmerons pas : la fiche du concert sur JDS affiche le concert comme complet tout en maintenant un lien d'achat affilié actif. Le plus sûr est donc de vérifier directement sur la billetterie officielle. Et, puisque la demande sera forte sur une date unique, le rappel d'usage : méfiez-vous des sites de revente qui se présentent comme « billetterie officielle » — nous avons détaillé les pièges de la billetterie de concert, et la question du prix des places mérite d'être posée, comme nous l'avions fait à propos de la tarification dynamique et de The Cure. Paris aura connu une saison 2026 chargée en légendes : Lauryn Hill à l'Accor Arena début septembre, Jay-Z au Stade de France le 10, Céline Dion à la Plenitude Arena à partir du 12, et The Strokes à Bercy une semaine après Stevie Wonder.

Premier concert à Paris depuis seize ans — mais pas premier concert en France

Une formule circule beaucoup depuis l'annonce : ce serait « le premier concert de Stevie Wonder en France depuis le 1er juillet 2010 ». Elle est inexacte, et il vaut la peine de la corriger. Le 1er juillet 2010, Stevie Wonder jouait effectivement au Palais omnisports de Paris-Bercy — la même salle qu'aujourd'hui, rebaptisée depuis Accor Arena. Ce soir-là, Prince est monté le rejoindre sur scène, un épisode que L'Éclaireur Fnac rappelle également. Le même été, il s'était aussi produit au Festival de Nîmes et au Sporting de Monte-Carlo. Mais il est revenu en France quatre ans plus tard : le 18 juillet 2014, sous les pins de la Pinède Gould, au festival Jazz à Juan de Juan-les-Pins, en partageant la soirée avec Gregory Porter (c'est la photographie qui ouvre cet article, et la fiche Infoconcert du concert de Juan-les-Pins en conserve la trace). La formulation exacte est donc double : le 15 octobre 2026 sera son premier concert à Paris depuis seize ans, et son premier concert en France depuis douze ans.

Ce n'est pas non plus la première fois qu'il joue l'album en entier

La tournée 2026 est présentée, à juste titre, comme un événement : dix-huit dates, l'album intégral, l'anniversaire rond. Il faut toutefois préciser qu'il ne s'agit pas d'une première. En décembre 2013, Wonder avait déjà joué Songs in the Key of Life en entier au Nokia Theater de Los Angeles, lors de son concert de bienfaisance annuel House Full of Toys, avec une partie des chanteurs et musiciens du disque d'origine. En novembre 2014, il avait enchaîné une série de concerts aux États-Unis et au Canada construits sur le même principe — le lancement coïncidant avec le trente-huitième anniversaire de la sortie de l'album. Ce que 2026 ajoute, ce n'est donc pas le format mais le périmètre : la tournée Songs In The Key Of Life Performances – 50th Anniversary, produite par Wonder Productions et promue par Live Nation, démarre le 13 octobre à la Utilita Arena de Birmingham, traverse l'Europe (Paris, Copenhague, Oslo, Stockholm, Hanovre, Cologne, Amsterdam, Dublin), revient au Royaume-Uni (Londres, Manchester, Glasgow), puis repart aux États-Unis à partir du 19 novembre au Madison Square Garden — Chicago, Washington, deux soirs à Detroit — pour s'achever le 19 décembre à l'Intuit Dome de Los Angeles. Note de vérification : le communiqué relayé par plusieurs médias attribue la date de Stockholm à la « 3Arena », qui est la salle de Dublin. Nous nous en tenons donc aux villes, qui ne souffrent d'aucune ambiguïté, et laissons les salles étrangères à leurs billetteries respectives.

Et ensuite : « Through the Eyes of Wonder », annoncé pour 2027

L'EP anniversaire n'est pas un point final mais, selon toute vraisemblance, une mise en bouche. En juillet 2026, sur une scène lors d'une soirée à Los Angeles, Stevie Wonder a annoncé un nouvel album studio intitulé Through the Eyes of Wonder, attendu en 2027. Ce serait son premier album depuis A Time to Love (2005), soit vingt-deux ans d'écart si la sortie tient — et, d'après Skiddle, son vingt-quatrième album studio. Ni tracklist ni date précise n'ont été communiquées à ce jour. Vingt-deux ans de silence discographique pour un artiste de ce rang, cela n'est plus tout à fait une anomalie : nous avons consacré un article entier à ces albums qui se font attendre pendant des décennies, de Black Messiah de D'Angelo aux retours de Portishead ou de My Bloody Valentine. Dans le cas de Wonder, le calendrier est cohérent : un EP d'archives en 2026, une tournée patrimoniale à l'automne, un album neuf en 2027.

Ce que raconte vraiment cet anniversaire

Il y a une manière paresseuse de lire cette séquence : un catalogue qu'on exploite, une tournée nostalgie, quatre fonds de tiroir pour relancer le streaming. Les faits résistent un peu à cette lecture. Les quatre inédits ont été remixés par les ingénieurs d'origine, pas « modernisés » ; les musiciens crédités sont ceux de 1976 ; le signe distinctif choisi par le label est une heure de fin de séance, c'est-à-dire un détail de fabrication que seuls les gens présents pouvaient connaître. Et le même bassiste, Nathan Watts, est toujours là. Il y a surtout ceci : un album de cinquante ans vient de gagner quatre chansons que personne n'avait entendues, au moment précis où son auteur part le rejouer en entier sur deux continents et annonce un disque neuf pour l'année suivante. À l'ère du streaming et du retour du vinyle, où les majors cherchent de nouveaux formats de sortie presque chaque trimestre, Songs in the Key of Life démontre une chose simple : un disque conçu pour durer n'a pas besoin qu'on le remastérise pour revenir. Il suffit d'ouvrir les archives. Le 15 octobre, à Bercy, cela donnera vingt et un titres dans l'ordre, devant une salle qui connaît les paroles. Pour une scène parisienne qui a vu passer, depuis les années du music-hall, à peu près toutes les formes du spectacle populaire, ce sera une soirée sans concurrence.

Questions fréquentes

À quelle heure commence le concert de Stevie Wonder à l'Accor Arena le 15 octobre 2026 ?

Le concert est annoncé à 20 h, le jeudi 15 octobre 2026, à l'Accor Arena de Paris. L'heure d'ouverture des portes n'a pas été communiquée publiquement au moment où nous écrivons ; elle figure en principe sur les billets et sur la page de la salle. Aucune première partie n'a été annoncée pour la date parisienne.

Quels titres contient l'EP sorti pour les cinquante ans de l'album ?

Songs in the Key of Life – The EP, publié le 28 septembre 2026, contient quatre inédits enregistrés pendant les séances de l'album : « It's Easier » (5 min 09), « My Life Story of Love » (3 min 59), « I Can See the Sun In Late December » (4 min 37) et « I'm Into Livin' » (5 min 45). Les quatre titres sont écrits et produits par Stevie Wonder, les paroles de « My Life Story of Love » étant cosignées par Susaye Greene. Ils ont été remixés par John Fischbach et Gary O Adante, les ingénieurs de l'album de 1976.

Stevie Wonder jouera-t-il uniquement l'album, ou aussi ses autres tubes ?

La tournée est explicitement construite autour de l'interprétation intégrale de Songs in the Key of Life, comme l'indique le communiqué officiel. Rien n'a été annoncé sur la présence éventuelle d'autres titres de son répertoire en rappel, et la tournée n'avait pas encore commencé au moment de la publication de cet article : la première date, à Birmingham, est fixée au 13 octobre. Les setlists réelles ne seront donc connues qu'après. Nous n'avons pas voulu spéculer : l'album seul représente déjà vingt et un titres et plus de deux heures de musique.

Combien de temps s'est-il écoulé depuis son dernier concert en France ?

Son dernier concert à Paris date du 1er juillet 2010, au Palais omnisports de Paris-Bercy — devenu l'Accor Arena — soit seize ans. Mais son dernier concert en France est postérieur : le 18 juillet 2014, au festival Jazz à Juan de Juan-les-Pins, soit douze ans. La formule « premier concert en France depuis 2010 », très reprise depuis l'annonce, est donc erronée.

Par où commencer si je ne connais pas l'album ?

Trois entrées possibles. Par les tubes, pour comprendre l'évidence mélodique : « Sir Duke », « I Wish », « Isn't She Lovely », « As ». Par le versant politique, pour saisir l'ambition du disque : « Love's in Need of Love Today », « Village Ghetto Land », « Pastime Paradise », « Black Man ». Ou par la face la moins fréquentée, celle du 45 tours bonus de 1976 — « Saturn », « Ebony Eyes », « All Day Sucker », « Easy Goin' Evening » —, qui constitue déjà un petit disque à part entière. Et, désormais, par les quatre inédits de 2026, à écouter comme ce qu'ils sont : des chutes de séances, pas des chansons jugées indispensables par leur auteur en 1976. Sources principales : communiqué officiel Universal Music du 28 septembre 2026, Pollstar (8 septembre 2026), L'Éclaireur Fnac (10 septembre 2026), JDS, Infoconcert, Wikipédia (notices anglophone et francophone de l'album). Article publié le 5 octobre 2026 ; horaires et tarifs relevés le jour même sur les fiches billetterie.
C&M · 05/10/2026 — fin de l'article — #STEVIE